eHarmony : la qualité à n’importe quel prix ?
L’expérience que l’on peut faire sur eHarmony est tout à fait différente de celle des autres sites basés sur le matchmaking (la rencontre par affinités). D’habitude, les utilisateurs se retrouvent autour d’univers, de références ou d’attitudes communes ; eHarmony mise sur ses algorithmes pour privilégier la « compatibilité » des personnes plutôt que leurs ressemblances. eHarmony tente d’appliquer la démarche scientifique au questionnement le plus émotionnel et personnel qui soit : la capacité à fonder un couple qui tienne. Le résultat : un site de grande qualité, peut-être au prix de l’éthique.
Préférer le « Connais-toi toi-même » au zapping.
eHarmony a été fondé par Greg Forgatch et Neil Clark Warren, psychologue. Ce dernier, fort de trente-cinq ans d’expérience en conseil conjugal, a décidé de faire mettre en algorithmes par une équipe de programmeurs sa théorie selon laquelle « certaines caractéristiques (des personnes) permettent de prédire la compatibilité (dans le couple) ». Il faut d’abord remarquer que cette phrase ne veut rien dire, ou au mieux enfonce une porte ouverte avec l’enthousiasme d’un diplodocus encore enfant.
Et pourtant, son application est très intéressante. S’inscrire sur eHarmony, c’est prendre le temps de remplir un questionnaire extrêmement détaillé. Des réponses au QCM sortiront le portrait-robot d’une personnalité, à laquelle le site trouvera des « correspondants » ; puis des questions ouvertes permettent aux visiteurs de se connaître un peu mieux. Ne pourront voir votre profil que les personnes jugées compatibles. Cela garantit un véritable écrémage des contacts (et moins de risques de déception).
En effet, la compatibilité prévaut sur tout. D’abord, le graphisme extrêmement sobre met bien les utilisateurs au centre de l’attention : visuellement, eHarmony est aux antipodes des sites pleins de blondes sur fond rose, qui comptent davantage sur le racolage que sur le travail en profondeur. eHarmony est un site à vocation matrimoniale, pas un site de drague ; il faut donc que la compatibilité entre ses membres soit le plus « authentique » possible.
L’importance de l’investissement personnel
Le QCM d’entrée est plus que précis : il prend entre une demi-heure et une heure, et demande beaucoup d’introspection. Les questions ouvertes prennent encore plus de temps lorsqu’on veut trouver une réponse à la fois honnête, bien formulée et attirante : eHarmony fera par exemple apparaître dans votre profil vos réponses à « Quelle est la personne la plus influente dans votre vie » ou « Trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant ».
Créer son profil demande donc à la fois beaucoup de temps et de réflexion. Outre ce qu’on apprendra sur soi-même en étant forcé de réfléchir à des sujets auxquels on ne pense pas toujours, cette difficulté à entrer sur le site garantit un « écrémage » des membres : ceux qui ne sont pas véritablement intéressés par la rencontre de l’autre seront rebutés, tandis que les personnes n’ayant pas peur d’être honnêtes seront au contraire attirées par la précision de ce questionnaire. Ce sera donc l’occasion d’un bol d’air pour tous les allergiques au « CC BB SAVA ». Inutile aussi de répondre n’importe quoi pour aller plus vite et « voir de la meuf » : non seulement le site ne permet de voir que les profils compatibles, mais surtout, il refuse l’inscription de ceux dont le profil psychologique est incohérent.
eHarmony s’éloigne ainsi radicalement de l’ambiance « supermarché » que certains reprochent aux sites comme adopteunmec, tiilt ou Meetic. Par contre, on ne sait pas si l’autre n’a pas choisi dans le QCM ce qu’il jugeait être « la bonne réponse » plutôt que la plus honnête – le but étant de nouer un maximum de contacts pour augmenter ses chances de trouver la bonne personne. Seulement, les questions ouvertes qui apparaissent ensuite sont à la fois cruciales et difficiles ; à moins d’une créativité hors du commun, on n’a alors pas d’autre choix que d’être honnête (ou de laisser vierge le champ de réponse).
Comment se passe le contact avec l’autre
Le nombre de contacts potentiels est suffisant pour rendre le séjour chez eHarmony efficace et agréable (30 « profils compatibles » trouvés en quelques jours, actifs et assortis d’une notification par mail).
Sûrement pour éviter les débordements, les mails copié-collés et les incivilités, la prise de contact avec l’autre est très codifiée : eHarmony accompagne les utilisateurs dans toutes les étapes préliminaires. D’abord on visite le profil de l’autre, ensuite on lui envoie un « brise-glace » ; eHarmony incite alors les deux contacts à répondre ensemble aux mêmes questions puis à comparer leurs réponses. Il est ensuite possible de dépasser ce stade pour s’envoyer directement des mails. La communication directe ne peut se faire sans payer ; mais le temps déjà investi dans eHarmony via le questionnaire et le contact déjà établi via les différents brise-glace rend l’abonnement presque irrésistible.
Point noir : un site qui privilégie la discrimination
eHarmony est dédié au mariage. L’impossibilité de « zapper » le rend donc impropre à la drague pour plans cul et autres coups d’un soir. Puisque les membres qui s’y inscrivent cherchent tous une relation sérieuse, c’est très bien. Reste cependant deux très gros bémols, qui laissent plus qu’un sérieux malaise.
Les enquêtes statistiques menées par eHarmony sont flatteuses. Néanmoins, il faut savoir que tous les membres ne sont pas acceptés : le système va en effet refuser l’inscription de toute personne se révélant via le questionnaire avoir moins de chances qu’une autre de fonder une relation satisfaisante. Trop vieux, pas assez « heureux », déjà plusieurs fois marié ? Le questionnaire terminé redirigera vers une page d’erreur. Etant donné que les sites de rencontre sont censés aussi être une main tendue vers les personnes souffrant de la solitude, et que celles-ci auront forcément un profil de personne encline à souffrir de la solitude (à moins d’être manipulatrices), c’est plus que regrettable.
Mais ce qui achève de gâcher l’expérience eHarmony, c’est surtout que les homos n’y ont pas leur place. Ouvertement chrétien, le site a expliqué refuser l’inscription des gays ou des lesbiennes parce que l’homosexualité était illégale dans plusieurs Etats des Etats-Unis (et un péché). Il a fallu un procès pour qu’eHarmony accepte de lancer un site partenaire, Compatible Partners, dédié à la rencontre homosexuelle par affinités ; mais les gays ne sont toujours pas les bienvenus sur eHarmony lui-même. Même si tout va bien se passer pour un hétéro, cette discrimination est inacceptable.









Treè bon article sur le phénomène eharmony. C’est un phénomène social assez intéréssant que de vouloir à tout prix une correspondance entre sa personnalité et celle de l’autre. Les rencontres sont-elles devenues trop faciles et donc cherchons-nous à tout prix la personne 100% adéquate, ou au contraire difficiles au point qu’on veuille limiter la casse en se rassurant auparavant sur le degré d’adéquation avec la personne? Ou est-ce encore un effet de notre ère où nous n’avons plus le temps de rien faire. Il nous faut alors avoir recours à des programmes pour analyser les personnes, et ne pas perdre ce précieux temps en rendez-vous inutiles. Intéressant.
Pour avoir essaye eharmony, je pense que le concept peut bien marcher pour une certaine partie de la population. Et c’est ce qui est important. Que certaines personnes y trouvent la solution pour rencontrer la bonne personne. Cependant je suis un peu dubitative devant le taux de rejet et les effets psychologiques sur la personne. Eharmony rejette en effet 20% des utilisateurs, ceux-ci étant décrétés non-standard ou trop difficiles a comprendre pour le programme. Quid de l’effet sur le moral pour une personne en difficulté pour trouver quelqu’un. En tout cas les services par affinités semblent bien fonctionner, c’est le principal.
Moi j’ai personnellement trouvé mon bonheur sur GoodWizz, un site pour rencontres sociales, c est à dire amicales ou plus. GoodWizz met en place une approche en 4 temps: Suggestion par affinités, Découverte, Jeux, Rencontre. La grosse valeur ajoutée, ce sont les jeux de personnalité, qui permettent des interactions plus naturelles et sympathiques. On en apprend sur soi même et sur l’autre et du coup quand j’ai rencontré mon homme, on a pu parler de ces jeux, ce qui a permis de ne pas avoir recours aux habituels « Oui je m’appelle … et j’ai … années. A savoir que le choix du type de partenaire se fait au début. On peut très bien ne vouloir qu’un ami.
A bientôt
Nathalie
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