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Amis à louer pour loisirs platoniques

amis se tenant la mainVoici un nouveau concept de mise en relation, en provenance du Japon puis des Etats-Unis, à mille lieues de la nouvelle mode des sites de rencontre aux niches de plus en plus précises. Il sera bientôt possible, en toute simplicité et discrétion, de louer un « ami » pour quelques heures. De quoi ne pas passer en solitaire un repas pris loin de ceux que vous connaissez, découvrir de nouveaux points de vue en dehors de votre réseau social habituel, ou encore sauver la face devant la famille éloignée… et de quoi permettre aux « amis » en question d’arrondir leurs fins de mois.

Le leader américain : Rentafriend.com

Lancé en 2009 par Scott Rosenbaum, Rentafriend veut se placer là où les sites de rencontre « traditionnels » ne sont pas encore allés. Il propose des rencontres tout à fait platoniques, en interdisant formellement à ses membres de proposer ou de rechercher des services « adultes ». Contre un abonnement (environ 25$ par mois, 70$ pour un an), Rentafriend permet d’entrer en relation avec un « ami » susceptible de vous accompagner dans toutes sortes d’activités, et rémunéré à l’heure. Il suffit d’entrer son code postal pour que le site propose les profils des « amis » qui se trouvent près de là.

Rentafriend s’est inspiré d’un service déjà présent au Japon, représenté par des sociétés comme Hagemashi Tai. Celle-ci propose à ses clients un moyen d’éviter les situations sociales embarrassantes : par exemple, une personne peut avoir besoin de se faire voir par des étrangers accompagnée d’une figure paternelle, pour éviter des questions à propos d’une absence sur laquelle elle ne souhaite pas s’étendre. Ainsi, les « amis » proposés par Rentafriend.com pourront servir d’accompagnateurs lors de réunions sociales auxquelles on ne souhaite pas venir seul, pour accompagner les voyageurs lors de leur séjour dans un endroit où ils ne connaissent personne, ou pourront faire bénéficier leur « locataire » de leurs compétences (conseil, langue étrangère, culture, sport…).

Pourquoi mépriser la « location d’amis » serait une erreur

Face à ce nouveau concept, beaucoup de commentateurs sautent sur l’occasion pour dire à quel point ils trouvent pathétique de payer pour faire des rencontres, et que louer les services de faux amis est forcément le signe d’un grave handicap social. Ces commentaires n’ont en général pas d’autre but que de signifier entre les lignes « je méprise les gens qui n’ont pas d’amis car moi, j’en ai », affirmation assez difficile à croire lorsque son auteur pense qu’elle intéresse un fil de discussion anonyme du fond de la Toile ; surtout, ils manquent totalement leur cible. D’une part, on se déplace rarement en voyage d’affaires accompagné de tous ses amis ; d’autre part, mépriser les personnes qui souffrent de solitude ne risque pas de résoudre leur problème. Enfin, les utilisateurs de Rentafriend ne paient pas pour une illusion d’amitié (alors que « la vraie amitié n’a pas de prix »), ni même pour rencontrer des gens. Leur abonnement leur permet d’utiliser l’interface du site ainsi que d’avoir accès à une base de données d’environ 209 000 profils. Sur le même principe, Rentalocalfriend.com permet de rencontrer un « ami » dans un pays étranger, avec l’idée que découvrir la culture locale accompagné par un natif est plus enrichissant que de se reposer sur un guide touristique.

Un enrichissement mutuel ?

D’après Rentafriend, ses utilisateurs s’accompagnent les uns les autres pour une multitude d’activités, du conseil éclairé par un regard extérieur au fait de tenir compagnie à des personnes seules ou qui se sentent trop timides pour participer à des événements sociaux sans partenaire. Chercher un ami coûte le prix d’un abonnement à Rentafriend ; ceux qui veulent proposer leurs services en tant qu’ »ami » s’inscrivent gratuitement, et demandent en général de dix à cinquante dollars de l’heure (avec possibilité de négocier les tarifs en fonction de l’activité prévue). Le simple plaisir de rencontrer est aussi un enrichissement : fréquenter des personnes ne faisant pas partie de notre réseau social habituel serait beaucoup plus difficile sans les services d’un site comme Rentafriend.

Un avenir français ?

l n’existe pas encore de site de ce type en France. Si Rentafriend se montre suffisamment rentable, d’autres pourront l’imiter. Pour l’instant, Rentafriend se lance dans un service international : il est ainsi possible de s’inscrire à la partie française du site. Mais sa notoriété est encore insuffisante : aujourd’hui, il n’y a que trois profils français disponibles, à Paris. Peut-être vaut-il mieux attendre l’ouverture d’un site spécifiquement français, ce qui serait notamment plus rassurant au niveau du suivi des paiements (une société basée à l’étranger étant plus difficile à faire plier s’il y a litige).

Si les modalités de recrutement des « amis » mettent l’eau à la bouche (choisir son propre tarif, « travailler » uniquement lorsqu’on le souhaite et en général pour accompagner des activités de loisir, être financièrement indépendant puisque Rentafriend compte uniquement sur l’argent généré par les abonnements… ), mieux vaut rester prudent. Rentafriend est sévèrement modéré : un membre qui tenterait un rapprochement malvenu avec son « ami » est immédiatement banni à vie. Mais pour éviter tout problème, il vaudra mieux appliquer les règles de bon sens applicables à tout type de rencontre par Internet : préférer un lieu public plutôt qu’une tente dans une forêt isolée, prévoir son propre moyen de transport, et prévenir un véritable ami que l’on s’en va rencontrer une personne trouvée sur Internet.

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